couv l amerique centrale raconte 2017La très discrète maison d'éditions de Marseille, L'Atinoir, qui s'est spécialisée dans la publication de traductions et les recueils bilingues d'auteur(e)s sud-américains, édite chaque année depuis quatre ans un recueil bilingue de nouvelles intitulé "L'Amérique centrale raconte / Centroamérica cuenta".

L'édition de cette année a été présentée à Managua (Nicaragua) la semaine dernière à l'occasion de la 5e rencontre de narrateurs "L'Amérique centrale raconte 2017".

J'ai, cette année, été invitée à participer à la production des traductions et c'est avec un grand plaisir que j'ai donc découvert l'écriture de la jeune Panaméenne Berly Denisse et traduit deux de ses nouvelles pour la version 2017 de cette anthologie... Deux récits intimes. Deux protagonistes qui nous entraînent dans leurs pensées. L'une vit une séparation douloureuse, l'autre se remémore une scène fondatrice de son enfance.

 

Extrait de "Descente" :

"Lentement j’ai commencé à émerger de l’engourdissement. Le drap formait un tourbillon. Il se hissait sur ma jambe droite. Il recouvrait mes seins tout pâles. J’ai serré les poings aussi fort que me l’ont permis mes muscles paresseux.

C’est toujours comme ça. Tu ouvres les yeux et elle arrive, comme si elle était en train d’attendre l’instant où tu vas sortir du sommeil agité. L’anxiété, elle fait irruption, elle s’installe juste à l’entrée de l’estomac, dans la poitrine, dans tes doigts tremblants.

Si tu savais comme les choses se sont compliquées."

 

Extrait de "La trace cendrée sur le mur dessine une abeille parfaite"

"Il avait sept ans. Il se promenait seul sur le chemin tout en entendant au loin la maîtresse dire aux enfants de ne pas toucher les chenilles poilues. Il n’avait jamais compris ses stupides camarades qui sautaient dans les arbres géants, qui mettaient la tête dans des fossés sombres, qui touchaient des animaux suspects… et qui ensuite pleuraient comme si l’égratignure crasseuse de leur bêtise les avait pris par surprise. Lui aussi s’ingéniait à faire n’importe quoi de temps en temps pour faire passer le temps, mais lui au moins il supportait en silence tous les coups, ce qui (de son point de vue) lui octroyait un air de supériorité."

 

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