Poursuite de la rencontre avec la poésie de Darío Jaramillo Agudelo... sur thème du hasard des rencontres, des hasards de rencontre...

 

 

 

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Sólo el azar me dio la piel que amé

y sólo el azar -o el cansancio-

extinguió el fuego.

Lo que siguió no fue el azar,

es lo que sigue siempre,

la lenta pesadilla del olvido

y luego cierto desprecio

por ese que fui yo y que amaba

y también por el que soy ahora,

el mismo que no sabe por qué amó.

Sólo la carne se equivoca.

 

Extrait de "Sólo el azar" de Darío Jaramillo Agudelo, Editorial Pre-Textos, 2011

 

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Seul le hasard m'a donné la peau que j'ai aimée

et seul le hasard – ou la fatigue -

a éteint le feu.

Ce qui a suivi ne fut pas le hasard,

c'est ce qui suit toujours,

le lent cauchemar de l'oubli

et puis un certain mépris

pour celui que je fus et qui aimait

et aussi pour celui que je suis maintenant,

le même qui ne sait pas pourquoi il a aimé.

Seule la chair se trompe.

 

Traduction libre de Laurence Holvoet, 2013.